Vincent Michel est né en 1959 à Paris. Son père, ingénieur du son à l’ORTF et ami de Pierre Schaeffer, travaille alors au service de la recherche.
Trois ans plus tard, la famille s’installe dans un tout petit village de Haute Provence. Vincent Michel y vit une enfance à la fois agricole et intellectuelle, nourri de culture antique et classique. À dix ans, il n’a jamais tapé dans un ballon de foot et en ignore jusqu’à l’existence. Mais il connaît la métrique, sait ce qu’est un palindrome ou traire une vache. Autant dire que ça commence plutôt bizarrement.
Résultats scolaires tout juste acceptables. Il lit de la science-fiction au sommet d’un arbre, improvise et bricole sur un vieil harmonium oublié dans une grange, conduit des tracteurs, nuit et jour, entre Saint-Michel l’Observatoire, Manosque ou Valensole.
Les grands espaces, ceux d’ici ou ceux d’ailleurs, il connaît. C’est d’eux qu’il dit détenir le peu qu’il sait, et on les reconnaît dans sa musique.
À dix-huit ans, il boucle son sac et suit un long et solide stage de lutherie dans le Var, puis part apprendre la facture de clavecins à Paris chez Patrick Chevalier, puis Claude Mercier-Ythier. En 1983, Victor Salvi, facteur de harpes italien, l’embauche et le forme dans ses ateliers suisse et italiens.
En 1986, il s’installe à son compte à Paris. Il complète alors sa formation par des stages d’acoustique à Jussieu et à l’ENST. Il développe également pour lui-même des outils informatiques spécifiques à son métier. Reconnu comme un artisan méticuleux et affûté, il travaille pour les plus grands solistes et orchestres, un peu partout dans le monde.
En 2002, après avoir publié deux romans, il met un terme à son activité de luthier, quitte Paris et change de vie. Un troisième roman voit le jour, mais la musique le tient, Vincent Michel n’a jamais cessé de composer. C’est ce qu’il poursuit sans relâche, l’informatique restant son outil de prédilection. Chaque année voit la création d’au moins une de ses pièces.
En juillet 2010, un troisième prix au
concours de composition pour orgue de Saint-Bertrand de Comminges vient comme une promesse sur son nouveau parcours professionnel.
Ses compositions jusque-là néoclassiques teintées de rock – alors écrites au crayon sur partitions – puisent sans en avoir l’air dans les styles actuels techno, électro, acousmatique et contemporain. La synthèse sonore et le
processing acquièrent une place prépondérante dans ses recherches. S’en dégage une écriture très personnelle et caractéristique qui ne s’apparente à aucun genre particulier. C’est une musique expressive et fortement évocatrice.
« Je n’ai jamais éprouvé le besoin de formuler, soit pour autrui soit pour moi-même, les principes de mon esthétique. Si j’étais tenu de le faire, je demanderais la permission de reprendre à mon compte les simples déclarations que Mozart a faites à ce sujet. Il se bornait à dire que la musique peut tout entreprendre, tout oser et tout peindre, pourvu qu’elle charme et reste enfin et toujours la musique. »
(Maurice Ravel, Esquisse autobiographique, 1928)